Apolitique et indépendante, Me Savard sensibilise aussi les fonctionnaires et l'appareil administratif en général à l'égard de l'impact de leurs décisions et de leurs actions sur la population. Depuis 2003, ce service contribue à la recherche de solutions justes et équitables, précise-t-elle en entrevue, en plus d'identifier rapidement les problèmes et d'intercéder en faveur des contribuables auprès de la Ville-centre, des arrondissements et des différents services et directions.
« Notre premier défi, après six ans, c'est encore que le monde sache que nous existons, et Dieu sait que notre service, qui est gratuit, est utile pour les gens qui ont des problèmes avec la Ville ou qui ne comprennent pas une décision ou se sentent lésés, indique Me Savard, en poste depuis six ans. Nous mettons l'accent sur l'écoute et sur la vulgarisation des dossiers auprès des gens. Nous n'hésitons pas à expliquer et à réexpliquer au besoin. Notre intervention est neutre et, si on croit que des choses méritent d'être changées, nous intervenons. Nous contribuons en quelque sorte à redonner confiance aux citoyens envers l'appareil municipal et aussi à l'amélioration continue et à la mise aux normes des politiques de gestion de la Ville, ainsi qu'à l'adaptation de ceux-ci aux besoins changeants de la population. »
De plus, mentionne-t-elle, l'ombudsman traite beaucoup plus rapidement les irritants et autres imbroglios que ne le font les tribunaux.
« Au niveau de l'éthique, nous vérifions si chaque décision a été prise en l'absence de parti pris, sans contrainte ou influence indue, mais aussi et surtout que le processus qui a mené à la décision ait été transparent et clair pour les citoyens et qu'on ait pris en considération l'impact sur les gens concernés. Dans des cas particuliers où un seul citoyen est pénalisé, nous constatons souvent un manque d'équité procédurale. Pourtant, les fonctionnaires ne peuvent pas prendre de décision sans avoir entendu les deux parties. Ça nous préoccupe, car il y a beaucoup de dossiers où l'on constate que la personne concernée n'avait pas été entendue. J'aimerais que nous puissions développer des guides procédurales pour faciliter le travail des employés et réduire ainsi les plaintes. »
Les fusions ne sont toujours pas digérées et des disparités subsistent encore d'un arrondissement à l'autre. Pourtant, soutient Me Savard, « il y a un avantage à s'assurer et à maintenir une uniformité, car ceci contribue à faire diminuer les frustrations des citoyens et à créer un sentiment d'appartenance envers la Ville-centre, au-delà des particularités et des attraits uniques entre les différents quartiers ».
