La production de sécheuses du fabricant d'électroménagers sera transférée à d'autres usines appartenant à la compagnie aux États-Unis et au Mexique. D'ailleurs, Mabe avait déjà transféré près de 30% de sa production au Mexique en 2009 lorsque l'usine était exploitée sous le nom de Camco.
La direction de l'entreprise a expliqué par voie de communiqué que l'usine était considérée comme non rentable, surtout en raison de la forte appréciation du dollar canadien au cours des dernières années. Le ralentissement économique aux États-Unis aurait aussi poussé l'entreprise à prendre cette décision « nécessaire et finale » considérant que 90% de la production de l'usine de Montréal y est exportée.
Selon Mabe Canada, l'usine a perdu des sommes importantes au cours des six dernières années et il n'y aurait aucun espoir qu'elle opte pour un plan de relance.
On compte 510 employés à l'usine sur les 737 emplois qui seront perdus. Il n'y aurait pas de mises à pied importantes en 2012 et presque la moitié des employés pourront rester en poste jusqu'à la fermeture.
Un choc
Le vice-président du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ), Michel Ouimet, dit qu'il ne s'attendait pas à une telle nouvelle.
« Nous avons été surpris par l'annonce. Nous étions à l'aube de de débuter les négociations pour une nouvelle convention collective », avance-t-il.
Cependant, M. Ouimet ne se fait pas d'illusion et réalise le déclin du secteur manufacturier au pays. « On rivalise avec des pays où les conditions de travail et les salaires sont loin d'être ce qu'on a ici. C'est décourageant parce que nos membres sont compétents. Nous roulons avec une efficacité de 97%. Ce n'est donc pas une question de productivité », affirme-t-il. D'ailleurs, les employés de l'usine gagnent en moyenne 30$ de l'heure.
Ce dernier blâme notamment le Buy American Act du président des États-Unis, Barack Obama, une politique qui aurait joué en défaveur du marché canadien pour l'entreprise.
Protéger les régimes de retraite
M. Ouimet et Michel Morin, président syndical du département de l'assemblage, espèrent négocier une bonne convention collective pour les années restantes.
« Il va y avoir toute la question de sécuriser les régimes de retraite, les avantages sociaux après-retraite, les indemnités de départ. Il faut aussi faire de la rétention sur trois ans. Il faut que nos gars de métier, autant en production que dans les bureaux, demeurent en poste. Sinon, ça peut compromettre la viabilité de l'usine », soutient M. Ouimet.
Quelque 244 employés seront éligibles à la retraite d'ici 2014. Toutefois, il est impossible de savoir pour l'instant s'ils auront doit à leur plein régime.
Le Syndicat devrait rencontrer l'employeur la semaine prochaine pour négocier les ententes. Mabe Canada a déjà assuré qu'elle respecterait ses obligations.
Mabe est une entreprise mexicaine qui a racheté la compagnie Camco en 2005 afin de percer dans le marché canadien. Elle fabrique entre autres les produits de marque GE et Hotpoint.
