La tonnellerie est un immeuble présentant une valeur patrimoniale exceptionnelle pour la Ville de Montréal, indique Richard Bergeron, chef de Projet Montréal. Plusieurs experts en la matière s’entendent sur ce fait. Il est malheureux que le bâtiment doive disparaître pour un projet qui a été mis sur la glace. Pire encore, que le tout se fasse en catimini, c’est odieux.
Le ministère des Transports du Québec (MTQ), qui est propriétaire du terrain, doit démolir une partie de l’édifice par mesure de sécurité. Un mur menace de s’affaisser et le site est devenu un refuge pour les squatters.
Le ministère en a fait l’acquisition par expropriation, il y a déjà plusieurs années, dans le cadre du projet de modernisation de la rue Notre-Dame.
« La rue Notre-Dame n’est même plus dans les cartons du ministère à court terme. Avec les travaux de l’échangeur Turcot, le gouvernement en a pour les 10 ou 15 prochaines années. Il n’y a aucune urgence à démolir la tonnellerie », estime M. Bergeron, qui se questionne sérieusement sur la nécessité de cette démolition.
Projet Montréal a plaidé à plusieurs reprises pour la revitalisation du bâtiment et sa sauvegarde, tout comme les citoyens du quartier d’ailleurs.
Interpellé par le chef de la deuxième opposition à la Ville de Montréal, la réaction du maire de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, ne s’est pas fait attendre.
« Fidèle à son habitude, M. Bergeron parle de ce qu’il ne connaît pas. Il devrait savoir que depuis deux ans, il existe un comité de travail sur l’avenir de l’édifice. La responsabilité de l’arrondissement est de faire revivre ce bâtiment et les terrains adjacents. »
Deux projets sont sur la table. Le premier est un projet privé de studios de télévision créant 125 emplois et qui nécessite un investissement oscillant entre 3 et 5 M$. Il permettrait d’occuper la partie nord du terrain.
Le second est communautaire. L’entreprise d’insertion sociale Le Boulot Vers y déménagerait ses locaux de fabrication de meubles, donnant ainsi une deuxième chance à des jeunes qui veulent se reprendre en main.
Un centre de la petite enfance (CPE) s’y installerait et l’organisme à but non lucratif L’Avenue y construirait des logements communautaires.
La Société de développement commercial de la Promenade Sainte-Catherine Est souhaiterait aussi y établir des commerces au rez-de-chaussée.
Des interventions sont faites auprès du MTQ pour qu’il rétrocède le bâtiment à la Ville de Montréal, qui elle le rétrocéderait à son tour aux organismes communautaires.

