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Prostitution : une zone de tolérance dans Hochelaga-Maisonneuve?

Les élus de l’arrondissement se penchent sur la possibilité d’implanter une zone de tolérance dans Hochelaga-Maisonneuve pour que les activités des travailleuses du sexe n’importunent plus les commerçants de la rue Sainte-Catherine et leurs clients, ainsi que les résidents du secteur. (Photo: Frédéric Faddoul)

Les élus de l’arrondissement se penchent sur la possibilité d’implanter une zone de tolérance dans Hochelaga-Maisonneuve pour que les activités des travailleuses du sexe n’importunent plus les commerçants de la rue Sainte-Catherine et leurs...

Steve Caron
Publié le 14 Juin 2012
Publié le 14 Juin 2012
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Une zone de tolérance où les femmes pourront s’adonner à leurs activités loin du regard des résidents. C’est le projet auquel songent les élus de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM) pour « encadrer » les activités des travailleuses du sexe.

Sujets :
Rue Sainte-Catherine , Quartier Hochelaga-Maisonneuve , Arrondissement de MHM

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve compte de 60 à 75 prostituées de rue qui travaillent sur la rue Sainte-Catherine, au vu et au su de tous. La situation importune les commerçants et leurs clients, ainsi que les résidents.

Le maire de l’arrondissement de MHM, Réal Ménard, estime qu’après 15 ans, le statu quo ne peut continuer. Une opinion partagée par les résidents et commerçants du secteur (voir autre texte).

Le magistrat refuse que ses citoyens soient « prisonniers » de cette situation.

« Les femmes ne peuvent plus se rendre au dépanneur du coin sans se faire solliciter. Ça n’a pas de sens. »

Il souhaite donc implanter une zone de tolérance rue Sainte-Catherine, mais plus à l’ouest, soit entre les rues Moreau et Alphonse-D.-Roy. Le secteur en est un industriel. Il n’y a pas de résidence, ni de commerce. Les travailleuses du sexe ne seraient pas embêtées et pourraient vaquer à leurs occupations, soutient M. Ménard.

Selon lui, il s’agit d’un compromis acceptable. Il demanderait aux policiers de ne pas intervenir dans ladite zone. À l’extérieur de celle-ci, ce serait tolérance zéro. Autant pour les prostituées que pour les clients.

Le maire est bien conscient que sa solution ne fait pas l’unanimité  et qu’elle n’est pas magique.

Les citoyens nous interpellent régulièrement sur cette question, indique M. Ménard. Le ras-le-bol est collectif. Il faut agir.

Aucune date n’a officiellement été avancée pour la mise en place de la zone. On parlerait toutefois de cet été. Les membres de la table de la sécurité urbaine ont déjà entendu parler du projet. Le concept leur a été expliqué. Il ne s’agirait que d’une question de temps, avant que cela ne soit en vigueur.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Martin Dufresne
    - 19 Juillet 2012 à 23:28:01

    Avons-nous voté pour un P.I.M.P.? En proposant d’offrir aux prostitueurs un tronçon de la rue Ste-Catherine Est comme zone franche d’exploitation des femmes, le maire Réal Ménard créerait en effet le P.I.M.P. (Parc industriel Moreau de la Prostitution). Monsieur Vision Montréal dit vouloir défendre les résidantes contre le harcèlement des acheteurs de sexe. Mais il rejette sans explications la stratégie actuelle de mettre à l’amende les hommes qui viennent les achaler près de chez elles. Il prétend mandater les flics pour «déplacer» de force vers une zone « industrielle » les femmes actuellement sujettes à la prostitution… mais, comme l'a signalé The Montreal Gazette, tout un côté du tronçon proposé est occupé par des appartements et condos, dont les occupant-es rejettent l’idée de donner le feu vert aux prostitueurs pour cruiser impunément devant leur domicile. Un ghetto, ça se crée Avec le P.I.M.P. proposé, le maire Ménard, qui tente depuis 2003 de faire normaliser le système prostitutionnel, risque de faire d’Hochelaga-Maisonneuve non un nouvel Amsterdam mais l’équivalent québécois du plus célèbre ghetto au Canada, le quartier Downtown Eastside de Vancouver. C’est la zone d’exploitation extrême où le meurtrier en série Robert Pickton a racolé ses 49 victimes il y a une quinzaine d’année: des femmes toxicomanes, précarisées par des politiques sociales déficientes et souvent d’origine autochtone, les plus pauvres des pauvres de notre société. Tout ça au nom d’«aider ces filles-là», dit M. Ménard. «Ces filles-là»… comme si ce n’étaient pas toutes les femmes que concerne la prolifération de l’industrie du sexe, à la faveur de leur précarisation grandissante. Le maire Ménard évalue entre 65 et 75 le nombre de femmes actuellement prostituées dans H-M. Mais il pourrait bien y en avoir 750 bientôt si proxénètes et prostitueurs peuvent y évoluer librement, dictant les conditions d’accès des femmes et des jeunes aux revenus. Retour en arrière «En fait, explique Diane Matte de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES - www.lacles.org), la zone de tolérance, c’est pour les clients, puisque la police avait cessé depuis environ deux ans de cibler les femmes. Mais comme rien n'a été fait pour soutenir les femmes qui souhaitent sortir de la prostitution, le problème n'a pas été réglé. Ménard veut régler le problème avant la campagne électorale. Il a contrecarré le projet des groupes et intervenant•e•s du quartier désirant instaurer un centre de services de répit avec une claire option de faciliter la sortie des femmes. Il cherche, comme la plupart des politicien•ne•s, une solution rapide et efficace. Avec la prostitution, il n'y en a pas. La zone de tolérance créera plus de problèmes de "vivre ensemble" et redonnera aux hommes le droit de revenir dans le quartier. De plus, si la police abonde dans le sens des "conseillers" du quartier qui ont voté pour cette solution (sans débat public d'ailleurs!), elle pourrait criminaliser les femmes qui ne seront pas dans cette zone, ce qui représente un retour en arrière.» Une foule d’autres intervenantes – y compris l’organisme Stella, habituellement allié de Ménard – se sont insurgées contre ce projet de créer une zone «dangereuse» (alors que Ménard parle aux médias anglophones de «safe zone»). Jocelyne-Ann Campbell, responsable de ce dossier au Comité exécutif de la Ville de Montréal, a dénoncé le fait de «balayer sous le tapis» les besoins criants des personnes en prostitution. Pour elle, la situation appelle non une «politique de l’autruche» mais une stratégie d’intervention concertée sur plusieurs paliers, avec des ressources adéquates, comme celle que réclame depuis plus de six ans la CLES et le mouvement abolitionniste, rejoints il y a un mois par un avis ferme du Conseil du statut de la femme (http://bit.ly/N9UA1O). Fermer des yeux Mais M. le Maire réclame plutôt le privilège de fermer les yeux sur les prostitueurs – comme d’autres politiciens exercent celui de les faire crever à des manifestants. D’ailleurs, du côté de la police, que le maire Ménard disait acquise à son projet de «zone de tolérance», un haut gradé, Ian Lafrenière, a nié cette prétention. Ménard semble s’être inspiré des modèles européens de normalisation de l’exploitation des femmes, proposant même d’utiliser le terrain de stationnement d’un immeuble de la voirie, pour faciliter la prostitution, comme cela se fait en Allemagne dans des «box» de béton aménagés à cette fin… Tout le contraire des mesures réclamées de soutien à une sortie du milieu. Drôle de vision! Maire-si bien… LA CLES DÉCLARE: «(…) Nous sommes surprises et outrées d’apprendre qu’au lieu d’aider les femmes à sortir de la prostitution, des élus leur proposent plutôt « des containers ou des roulottes vides aménagées avec un matelas en plastique pour faire des clients ». Ceci va évidemment à l’encontre du travail que nous effectuons et des besoins des femmes qui ont été dans la prostitution de rue fréquentant la CLES. (Elles) nous disent très clairement que leurs besoins se situent au niveau de services de désintoxication, d’un accompagnement et un soutien psychosocial pour reprendre espoir en elles et en leurs capacités. (…)» – Lettre adressée par la CLES en avril au maire Ménard

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  • Nom de l\'usager
    Stéphanie Magny
    - 19 Juin 2012 à 09:32:50

    Bonjour, J'appuie le maire, Monsieur Ménard, pour mettre en place un quadrillatère ou les prostituées pourraient travailler librement et ainsi avoir droit à la dignité. Nous pourrions aussi s'engager à leur offrir des services médicaux et d'aide afin de les protéger. Après tout, la prostitution est le plus vieux métier du monde et nous nous devons de regarder la réalité en face au lieu de se cacher et de faire comme si ce service n'existait pas. J'ai visité Amsterdam ou les femmes et les hommes offrent ouvertement leurs services devant une fenêtre ou la lumière est allumée si elles/ils sont disponibles et éteinte lors qu'un(e) cliente est présent(e) et c'est beaucoup plus contrôlé ainsi. La propreté reigne et les policiers ne sont jamais loin au cas ou il y aurait de la violence. Pourquoi ne pas s'inspirer d'Amsterdam pour faire de même dans Hochelaga-Maisonneuve? Bravo Monsieur Ménard! Stéphanie Magny, M.A.

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