La réalisatrice et directrice du projet, Daphnée Cyr, encadrera ces jeunes qui participeront au camp d'une durée de sept semaines « Les P’tits loups », du Festival du Nouveau cinéma.
« Ils ont une implication réelle dans le projet. Les jeunes co-réalisent et apprennent à faire du 24 images par seconde », explique-t-elle avec fierté.
Selon Mme Cyr, ce stage de création est formateur. « C’est un projet philosophique. Ils apprennent à réfléchir et à argumenter. Ils arrivent à mettre des mots sur leurs émotions. C’est très fort ».
« Nous sommes beaucoup à leur écoute et on tente de les guider pour construire leur pensée », poursuit-elle.
« Ne pas avoir honte de leurs origines »
La réalisatrice amènera les jeunes à s’interroger sur leur qualité de vie actuelle, l’accès à l’éducation ou encore le parcours de vie de leurs parents pour dresser un portrait historique de leur quartier.
Dans cette démarche, Mme Cyr croit qu’il est important que les jeunes n’aient « pas honte de leurs origines », et parviennent à voir le bon côté des choses.
« Certains pourraient dire que leurs grands-parents sont analphabètes, mais découvrir qu’ils ont un grand savoir-faire », indique-t-elle en exemple.
À son avis, les jeunes « participent à leur propre histoire » par le biais de ce projet et s’expriment davantage.
Le projet a pour but de valoriser et de développer l’indépendance de ces jeunes, aux prises avec différents problèmes.
« Je ne cherche pas à connaitre leur grosse bibitte. Il y a des intervenants (du centre Assistance d’enfants en difficulté) qui sont surpris de voir ce qu’ils peuvent faire », affirme-t-elle.
Depuis maintenant cinq ans, Mme Cyr aborde des sujets touchant un phénomène de société avec ce projet. L’an dernier, les jeunes ont rencontré des personnes âgées en institution pour découvrir « comment surmonter les difficultés de la vie ».

