L’homme d’une quarantaine d’années sourit quand on lui demande ce qu’il a trouvé le plus difficile en arrivant ici. « La réponse est facile: la neige. Il y en avait partout! », se souvient-il.
Comme le feraient les parents d’un bébé naissant, M. Moazami compte en mois le temps séparant son ancienne vie en Iran et sa nouvelle à Montréal. « Cela fait 13 mois maintenant que nous sommes ici. Ce fut difficile les deux premiers mois, mais rapidement, tout s’est enchaîné. C’est encore un peu ardu pour mon fils, parce qu’il doit apprendre une langue qu’il ne parlait pas du tout avant de poser le pied à Montréal. Mais il apprend vite. »
Un ami de M. Moazami lui avait parlé du Québec avant son départ. « Je savais qu’on y parlait français, une langue que je maîtrise bien. On m’avait aussi prévenu qu’il est difficile pour un étranger d’y trouver un emploi intéressant. Moi, je suis architecte. J’espérais donc retrouver un emploi du même genre ici. Heureusement, j’y suis parvenu… après seulement sept jours! »
Une firme d’architecture lui a en effet rapidement donné sa chance. « Je suis allé à leur rencontre, je leur ai expliqué ce que je faisais en Iran. Ils m’ont écouté et m’ont mis à l’essai trois mois, puis, ils m’ont officiellement engagé. Je suis toujours avec eux aujourd’hui et j’en suis bien content. Je les remercie de leur ouverture. »
Pour les nouveaux immigrants, Kia Moazami a ce conseil: « Restez positifs. En tout temps. On entend souvent dire que sans une reconnaissance de nos études ou de notre expérience de travail, on ne trouvera pas d’emploi intéressant au Québec. C’est vrai que le marché du travail est difficile ici, mais il faut rester positif, avoir de bons contacts et trouver les ressources pour nous aider. »
Les contacts et les ressources, l’Iranien d’origine les a trouvés à L’Hirondelle, un service d’accueil et d’intégration des immigrants situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, et qui fêtait, la semaine dernière, ses 30 ans d’existence. M. Moazami tenait à être des célébrations.
« Cela faisait trois mois que j’étais arrivé quand je suis entré en contact avec les gens de cet organisme. Ils m’ont aidé à comprendre la culture québécoise, son système, les valeurs qu’on y trouve, les codes et lois en vigueur. Ça nous a rendu un fier service à moi, ma femme et notre garçon. J’y ai trouvé l’énergie dont j’avais besoin à cette période de ma vie. Je pense que c’est à ce moment précis que nous avons commencé à vraiment nous intégrer et à devenir Québécois, moi et ma famille. »
Autour de nous, durant cette discussion, déambulaient les dignitaires, politiciens et autres invités, tous venus fêter les 30 ans de L’Hirondelle. Les sourires étaient nombreux, mais aucun ne valait celui de Kia Moazami.
