-Ça dépend. Au Berri, au Parisien, à l’Égyptien, au Centre-ville, au Faubourg ?
-De quoi tu parles, ces salles-là n’existent plus !
-Tu sauras qu’elles existent encore dans l’excellent livre de Pierre ! -Arrête de niaiser.
-Je ne te niaise pas, il est vraiment bon son livre.
-Je te parle du cinéma idiot. Banque Scotia ou AMC Pepsi ?
-C’est vraiment des cinémas ça ? Parce qu’on dirait plutôt de la publicité grossièrement déguisée en salle de cinéma où, ironiquement, on sert juste du coke.
-Euh…
-On va au Quartier Latin. C’est celui qui se rapproche le plus des anciennes salles de cinéma. -Non, les écrans sont à chier pis curvés pis ils ont juste des mauvaises traductions.
Après des heures d’obstination tels des ados qui prennent des heures à choisir un film à louer, il était trop tard pour aller voir un film. Nous nous sommes donc rabattus sur la lecture du livre et sur la nostalgie des anciennes et véritables salles de cinéma.
Nous sommes arrivés à la conclusion que les véritables salles de cinéma n’existaient plus. Elles avaient fait place aux mégaplex. Ces centres commerciaux de la cinématographie, où la première chose qu’on y remarque ce sont les jeux d’arcade, les restaurants, les décors surréalistes et pseudo futuristes, la musique à fond la caisse, les écrans télé dernier cri et parfois même des allées de bowling… mais aucune âme, aucune histoire. On dirait que tout y est aseptisé. Même l’odeur du popcorn et du beurre est noyée dans une odeur de nettoyant super puissant !
Malgré des salles ultramodernes, pour ce que ça veut dire, le plaisir d’y voir un film n’y est pas décuplé, ni même doublé, en fait, pour moi, il y est moindre. La diversité des salles qui fait place à l’unicité. Famous Players et Cinéplex Odéon qui s’unissent. Même plus moyen de s’obstiner sur lequel des deux popcorns est le meilleur (cinéplex!!!). -Voyons, tu pleures Seb ? -Ben non, je nettoie mes yeux. C’est juste que j’ai tellement de souvenirs reliés à toutes ces différentes salles, et j’me dis que si Pierre vit un autre 100 ans, il ne pourra même pas faire une suite à son livre parce qu’il n’y aura rien d’intéressant à rajouter. -Un peu comme pour le Canadien de Montréal. Dans 100 ans, y’aura rien d’autre à fêter que le 1er centenaire parce qu’ils n’auront rien gagné de plus. -Alors qu’est-ce qu’on fait ? -On appelle Pierre pis on va prendre une bière avec.
Ce fut une belle soirée, remplie d’anecdotes et de souvenir tout comme dans le livre. Si vous avez une chance, jetez-y un œil. (http://www.leseditionsgid.com/select/themesquebec.htm#GlossI)


