Thérèse Sainte-Marie, directrice générale de la Corporation de développement de l'Est (CDEST), définit l'économie sociale comme le croisement entre l'organisme communautaire et l'entreprise privée où le concept de viabilité prédomine sur celui de rentabilité. La finalité d'une telle entreprise n'est donc pas la recherche du profit à tout prix.
Par exemple, on peut penser à Boulot vers, à SOS Vélo, au bistro In Vivo et bien d'autres. Ces entreprises produisent des biens ou offrent des services qu'elles vendent, ce qui leur permet de subvenir à leurs besoins, mais elles se différencient au chapitre de leur modèle d'affaires.
Elles ont entre autres pour objectif de servir leurs membres ou la collectivité, elles intègrent dans leurs statuts et leurs façons de faire un processus de décision démocratique, elles défendent la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition de leurs surplus et revenus et elles fondent leurs activités sur les principes de la participation, de la prise en charge et de la responsabilité individuelle et collective.
Au chapitre de la gestion, elles sont souvent des coopératives ou des organismes à but non lucratif (OBNL).
Lors des trois dernières années, les investissements de la CDEST ont été massifs dans les entreprises d'économie sociale: Coopérative funéraire de l'Île de Montréal, bistro In Vivo, la boulangerie Aroma, Orgues et couleurs, Samajam, Terre à soi et bien d'autres.
« En économie sociale, le ralentissement économique n'a pas eu de grands impacts. Plusieurs projets ont émergé et les demandes continuent de nous parvenir. Cela a été beaucoup plus difficile pour les projets des entreprises du secteur privé », analyse Mme Sainte-Marie.
Cette dernière constate que les nouveaux entrepreneurs examinent de plus en plus la possibilité que leur projet d'affaires en soit un d'économie sociale. La nouvelle génération a une façon différente de voir et de faire les choses. L'environnement, les préoccupations sociales, les produits équitables, la répartition de la richesse sont tous des valeurs ou concepts significatifs et très importants pour eux.
Au départ, ils étaient perçus comme des rêveurs, mais le temps leur donne raison. Les exemples de réussite parlent d'ailleurs d'eux-mêmes.
Et l'avenir semble prometteur. En période difficile, c'est toujours un bon moment pour les gens ou les entreprises de se recycler, de se repositionner et d'examiner de nouvelles avenues. Plusieurs l'ont fait et maintenant que la reprise s'amorce, elle devrait assurément permettre à de nouveaux projets d'économie sociale d'émerger.
Au Québec, l'économie sociale c'est plus de 7000 entreprises collectives, plus de 125 000 emplois, plus de 17 G$ de chiffre d'affaires et plus de 6 % du produit intérieur brut (PIB).

