Cette problématique revient constamment sur le tapis. C'est pourquoi trois organismes de l'Est, la Chambre de commerce et d'industrie de l'Est de l'île de Montréal (CCIEIM), la Corporation de relance économique et communautaire de Saint-Léonard (CREC) et le Centre de recherche d'emploi de l'Est (CREE) unissent leurs efforts pour faire le pont entre chercheurs et donneurs d'emplois. Ils viennent de lancer le projet « Le réseautage et l'accompagnement: un pas vers l'emploi », financé dans le cadre de Défi Montréal, une initiative du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, en collaboration avec Emploi-Québec et la Conférence régionale des élus de Montréal.
Par l'établissement de passerelles entre les employeurs de l'Est et les organismes reconnus en développement et en intégration de la main-d'œuvre, on veut pourvoir les postes vacants et permettre aux immigrants de trouver l'emploi qui leur permettra de se réaliser et de devenir des citoyens à part entière de leur société d'accueil. C'est une solution gagnant-gagnant, croit Josée Binette, présidente-directrice générale de Révolution Santé, une PME qui vient de voir le jour et qui a établi ses pénates à Saint-Léonard.
« Tout le monde y gagne. Ça nous a permis de trouver une employée qualifiée provenant de la Côte-d'Ivoire, tandis que différents programmes d'Emploi-Québec visant l'intégration financent la moitié du salaire pendant six mois et nous donnent 3600 $ pour la mise à niveau et 1500 $ pour la formation en entreprise. C'est bon car le but, c'est que cette employée qui est appelée à faire du multitâche reste au bout du compte. J'avais déjà eu une mauvaise expérience avec une employée venue de l'extérieur, mais je crois qu'il y avait eu des problèmes de compréhension de part et d'autre. Avec l'aide de la CREC et du CRÉE, nous démystifions les malentendus et les différences culturelles. »
Parce qu'il y a des préjugés tenaces, mais aussi parce que des incompréhensions culturelles subsistent, les trois partenaires souhaitent arrimer les besoins en personnel des entreprises de l'Est à ceux des personnes immigrantes du territoire, qui s'étend de la rue Saint-Laurent jusqu'à l'extrémité est de l'île de Montréal. Des centaines d'entreprises et des milliers d'immigrants sont concernés, mais au départ, les objectifs demeurent modestes, car il s'agit en quelque sorte d'un projet-pilote à travers lequel tout reste à faire.
« On sait qu'il y a des besoins importants en matière de disponibilité de la main-d'œuvre, indique la directrice générale de la CCIEIM, Francine Labelle, qui voit plusieurs avantages pour les quelque 1100 membres qu'elle représente. « Le programme comporte de multiples retombées pour les entreprises, notamment en ce qui a trait au soutien dans le recrutement, tout ça gratuitement. Les trois partenaires, nous compris, allons les accompagner dans l'intégration des personnes immigrantes et nous allons faire un suivi pour s'assurer que les candidats restent en emploi. Notre but est de sensibiliser les employeurs face aux avantages d'embaucher des immigrants qualifiés, car ça amène une richesse culturelle et ça fait tomber les préjugés. On sait qu'il y a une méconnaissance à l'endroit de certaines cultures », dit-elle.
Faciliter l'accès au marché du travail aux immigrants
Trois partenaires de l'Est veulent changer la donne
D'un côté, les entreprises de l'Est peinent à recruter de la main-d'œuvre qualifiée et, de l'autre, des immigrants expérimentés, de plus en plus nombreux à chercher du boulot, n'arrivent pas à intégrer le marché du travail au mérite de leurs compétences.
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