L'athlète de 17 ans a terminé troisième au 1500 m et au 5000 m, en plus de se classer au troisième rang cumulatif de la compétition. Une grande première pour un Québécois depuis Jean Pichette, en 1981.
Selon le principal intéressé, ce scénario rêvé était inattendu. « En longue piste, personne ne me connaissait. J'arrivais un peu de nulle part, parce que je n'avais jamais fait de compétition internationale auparavant, fait-il remarquer. Je savais que je pouvais terminer parmi le top 5 dans une distance, mais je ne pensais pas finir troisième au classement général. »
Avec ces trois médailles de bronze, Gélinas-Beaulieu a porté à sept son total de podiums cette année aux championnats mondiaux juniors. Rappelons qu'il avait remporté quatre médailles d'argent en courte piste plus tôt cet hiver.
« Le fait de m'entraîner avec l'équipe nationale me procure beaucoup plus temps de glace et ç’a donné les résultats que l'on connaît. Je suis hyper satisfait. »
Le sextuple médaillé aura la chance d'améliorer son sort l'an prochain, puisqu'il demeure encore d'âge junior pour une autre saison.
En s'illustrant sur courte et longue piste, Antoine Gélinas-Beaulieu en donne des coups de patin! Ses voyages sont fréquents, ses études doivent s'effectuer par correspondance et lorsqu'il tombe malade, comme à Berlin et Moscou dernièrement, c'est encore plus épuisant.
« Oui, c'est très exigeant. En courte piste, il y a beaucoup de courses condensées dans une journée et en longue piste, on doit repousser nos limites chaque fois, vu qu'il n'y a qu'une course par distance. »
C'est pourquoi le jeune athlète d'Hochelaga-Maisonneuve sera possiblement contraint de faire un choix entre la courte ou la longue piste. Une décision qu'il n'est pas capable de prendre actuellement.
« Tout ce que je peux dire, c'est que les entraînements en courte piste aident énormément ceux en longue piste », mentionne Gélinas-Beaulieu, faisant notamment référence à quelques olympiens.
« L'an prochain, j'aimerais bien participer encore aux deux championnats du monde, mais ils seront collés dans le calendrier. En plus, il y a les Jeux du Canada et je veux vraiment y aller. Il va falloir faire des choix », admet-il.
Antoine Gélinas-Beaulieu a déjà fait face à un dilemme entre deux disciplines sportives. À l'âge de 8 ans, il a troqué ses patins de hockey pour ceux du patinage de vitesse. Et même si sa véritable progression s'est déclenchée sept ans plus tard, son choix a été plutôt judicieux. « Quand j'étais jeune, je n'ai jamais été le meilleur de mon groupe. Mais lorsque j'ai changé de club, les résultats sont venus. » Né à Sherbrooke, Gélinas-Beaulieu s'est entraîné quelques saisons à Drummondville pour finalement aboutir à Montréal, à l'âge de 10 ans. Son cheminement s'est poursuivi à l'aide d'une entente sport-études à l'école Édouard-Montpetit. À 15 ans, Gélinas-Beaulieu terminait dernier dans un championnat québécois. Mais aujourd'hui, il figure parmi les plus grands patineurs juniors au monde.
Ce week-end, Antoine Gélinas-Beaulieu prend part à sa dernière compétition de la saison, le championnat canadien ouvert, à l'aréna Maurice-Richard. L'enjeu est de garder sa place au sein de l'équipe nationale de développement afin de bénéficier notamment de subventions et de bourses.


