Personnalisez votre journal

À l’est de Montréal: du hot dog au chèvre chaud

À l’est de Montréal: du hot dog au chèvre chaud

À l’est de Montréal: du hot dog au chèvre chaud

Publié le Novembre 17 2009
Publié le Février 15 2010

Normand Charest est né et a grandi dans Hochelaga-Maisonneuve. Lorsqu'il s'y est aventuré à nouveau, de longues années après son départ, il a été renversé en constatant à quel point le quartier s'était métamorphosé. L'expérience lui a inspiré cette chronique nostalgique, aux arômes de vieux cuir et de gaspacho.

Sujets :
école des frères , Montréal , Rue Ontario , Babylone

Je me suis arrêté dans un tout petit bistro français où j’avais l’air d’un parfait étranger, le genre de commerce où n’entrent que des habitués. Le personnel vous y regarde presque avec méfiance. Mais on voit bien que c’est un ancien snack bar, une binerie avec des bancs ronds le long d’un comptoir, en chrome et en cuirette rouge, où l’on sert maintenant du gaspacho en entrée à midi. Un comédien connu, mi-incognito mi-en représentation, prend un verre de rouge au comptoir.

Bistro français dans mon quartier natal à Montréal, quartier revisité après bien longtemps et devenu surprenant sous plusieurs aspects. C’est juste à côté de mon ancienne «rue principale», rue de l’église et du presbytère, rue de l’école des sœurs, de l’école des frères, de la maison des sœurs, de la maison des frères, de la maison du docteur, de la caisse populaire, de la boulangerie et de son écurie, rue du barbier et du café devant l’église. Plus bas, plus loin, un poste de pompier est devenu salle de spectacle; plus à l’ouest, une église est devenue théâtre. Un drôle de quartier en transition.

De la pauvreté encore, cela se voit, chez les vieux et chez les jeunes, des vieux tristes avec des petits sacs d’emplettes, des jeunes habillés en noir avec un air dur. Plus bas sur la rue Ontario, traditionnellement associée à Babylone, des ivrognes, des punks, des tatoueurs. Mais aussi la présence d’artistes, de bistros, de cafés certainement pas fréquentés par la classe populaire (gaspacho, chèvre, crème brûlée, foie gras, espresso). Un quartier populaire, autrefois ouvrier, en train de se transformer comme s’est transformé avant lui le célèbre Plateau, que nous avons habité avant qu’il ne devienne hors de prix.

Un quartier que je parcours avec mes souvenirs, tandis qu’on m’y voit comme un touriste et que je n’ai pas l’occasion de dire à ceux qui l’habitent que c’est aussi un peu mon quartier, mon village, puisque que j’étais là «avant eux». Je vois d’ailleurs une jeune femme sortir de ce qui fut ma maison natale, un bébé dans les bras, et me regarder avec un questionnement dans le regard. Elle voit peut-être en moi l’intrus, tandis que je vois en elle, dans ce bébé, dans les enfants qui reviennent de l’école… tandis que je vois dans ce tableau le passage impressionnant des générations.

Écrire un commentaire

Écrire un commentaire

Ce formulaire ne sert pas à envoyer l’article à un ami. Svp, utilisez le lien «Envoyer à un ami» en haut de la page pour ce faire.

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve n'est pas responsable des commentaires ci-dessous. Veuillez par contre, rester poli et respecter le sujet de la discussion. Si vous êtes membre, connectez-vous.

(Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme ou organisation faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Entrez le code suivant

Écrire les caractères ci-dessus dans la boîte