Carole Poirier est une femmne d'opinion et de conviction. Son dossier: la prostitution.
"Nous avons vécu, en décembre dernier, un autre épisode médiatique dénigrant notre quartier, encore Hochelaga-Maisonneuve dans le journal et encore pour les mauvaises raisons.
Deux citoyennes du quartier qui en avaient ras le bol de la prostitution devant chez elles et devant les enfants et de la présence de seringues sur leur balcon se sont exprimées sur Facebook. N'étant pas les seules à vivre cette situation, leur site est rapidement devenu très visité. Les médias se sont emparés de cette juteuse affaire et notre quartier a encore reçu les honneurs d'être un des pires de Montréal. Mais qu'en est-il de la prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve?
Après avoir discuté avec les organismes Stella et Dopamine qui interviennent par le biais de travailleurs de rue, on peut comptabiliser environ 200 travailleuses du sexe dans Hochelaga-Maisonneuve. De plus, il faut parler de narco prostitution, les travailleuses du sexe conjuguent drogues et sexe et travaillent à proximité d'un lieu d'approvisionnement. Des interventions en 2009 ont permis des arrestations dans les piqueries et auprès des clients de la prostitution, qui à 90 % proviennent du 450.
Quoi faire? Nous devons, intervenir sur plusieurs fronts, dans un premier temps, réduire le nombre de clients par des opérations policières et par l'opération Cyclope qui demande la contribution des citoyens par la dénonciation des plaques d'immatriculation des véhicules de clients qui sollicitent des services sexuels dans nos rues. Nos rues ne sont pas des zones d'exploitation sexuelle!
Deuxièmement, venir en aide aux travailleuses du sexe en proposant des services sociaux, médicaux et de répit. Le CSSS, les organismes communautaires, les élus municipaux et moi-même réfléchissons actuellement à créer un continuum de services.
A Greenwich en Angleterre, une communauté s'est mobilisée pour entreprendre une campagne auprès des hommes afin de les sensibiliser aux types de pratiques sexuelles. Le programme «No demand» interpelle les hommes dans le schéma stéréotypé connu de la sexualité par la prostitution et remet en question les pratiques. De quoi nous inspirer!
Les travailleuses du sexes vivent des préjugés et du rejet, elles ont subi pour une bonne partie d'entre elles des agressions physiques et sexuelles depuis leur tout jeune âge, d'autres ont décidé d'arrondir leur fin de mois afin de nourrir leur famille. Il est bien facile de juger, mais trouver des solutions est bien plus complexe.
Je vous invite à réfléchir sur l'exploitation du corps des femmes dans toutes ses formes. Que ce soit par la publicité sexiste, l'hypersexualisation de nos jeunes filles, la prostitution - ce mal semble-t’il nécessaire! Je dis comme femme ASSEZ, il faut que cesse cette domination masculine sur notre corps et c'est à nous d'y voir."
Forte de ses connaissances, passionnée et dynamique, Carole Poirier s'est donné une mission : faire des changements importants dans la société.
Sommes-nous prêtes à faire changer notre société?
"À titre de députée de Hochelaga-Maisonneuve, j'ai la préoccupation de la sécurité des citoyens,mais aussi du climat social nécessaire à un bon environnement."
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