C'est du moins l'avis du commandant du poste de quartier (PDQ) 23, François Cayer. Ce dernier siège sur le comité sécurité de l'arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve qui examine actuellement différentes avenues pour accompagner les nombreuses travailleuses du sexe du quartier.
La formule à préconiser n'est pas définitivement arrêtée, mais des pistes de solution ont été évoquées. L'une d'entre elles est la mise en place d'un centre de ressources en support aux prostituées. Il s'agirait d'un bâtiment au sein duquel on retrouverait des services dédiés à celles pratiquant le plus vieux métier du monde. On peut penser que le CLSC y aurait un point de services, que des installations sanitaires seraient mises à la disposition des filles de la rue et que des soins leur seraient offerts.
Cette nouvelle approche est dans l'air, mais elle est tributaire de plusieurs données restant à éclaircir. Les gouvernements auront inévitablement un grand rôle à jouer dans l'équation et il faut voir s'ils sont prêts à implanter une telle structure. Mis à part les pouvoirs administratifs, la population aura également son mot à dire. La cohabitation entre une telle « maison » et les citoyens pourraient créer certains heurts.
Un déménagement du PDQ 23 sur la rue Sainte-Catherine dans le secteur « chaud » pourrait aussi avoir un rayonnement positif pour les résidents qui doivent cohabiter avec les prostituées.
Le déménagement du poste est inévitable, confirme M. Cayer. Les locaux actuels sont trop petits. Nous devons nous relocaliser, mais nous ne savons pas encore quelle sera notre nouvelle adresse.
Selon le responsable du PDQ 23, les filles de la rue présentes dans le quartier ne font pas le métier pour payer leurs études, mais plutôt pour leur consommation quotidienne de stupéfiants, ce qui entraîne des comportements agressifs chez les consommatrices en manque.
Même si nous ne sommes pas de farouches partisans de la répression, quand les citoyens appellent au PDQ, nous avons la responsabilité de répondre. Nous devons intervenir et nous le faisons, de dire M. Cayer.
Au-delà de la prostitution proprement dite, l'enjeu majeur pour le commandant, ce sont surtout les « piqueries ». Elles sont essentiellement à la base de la présence de la prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve. En intervenant pour fermer ces lieux illégaux, la situation ne peut que s'améliorer. C'est un travail de longue haleine qui ne peut être fait du jour au lendemain.
Les enquêtes sont longues et le processus aussi pour obtenir la fermeture complète de ces immeubles. L'an dernier, on comptait une vingtaine de « piqueries » à pareille date, alors que maintenant, elles ne seraient que dix.
D'autres programmes ou actions contribuent également à l'amélioration de la situation. La visite des immeubles délabrés pour en assurer la conformité donne de bons résultats. Ce type d'action évite que des bâtiments ne soient transformés en « piqueries » et par ricochet, que les prostituées ne s'accaparent de nouveaux secteurs.
Les patrouilleurs à pied sont également un frein à la sollicitation. Leur simple présence est dissuasive.
La prostitution est un dossier complexe. Il n'y a pas qu'une seule façon d'intervenir et c'est pourquoi nous poursuivons nos divers moyens et programmes pour que tout se déroule dans le calme et minimiser les inconvénients pour les résidents, de conclure M. Cayer.
Prostitution dans HM : le PDQ suit le dossier de près
Pour régler le problème de la prostitution, la police ne peut agir seule. Il faut mettre en place un ensemble de mesures et de projets en collaboration avec les partenaires préoccupés par la situation.
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