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Ça va brasser au conseil d’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve

Article mis en ligne le 12 janvier 2010 à 9:00
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Ça va brasser au conseil d’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve
Des citoyens tannés de voir leurs enfants côtoyer des prostituées sur la rue en plein jour ainsi que des seringues ont décidé de les observer et de prendre en note les plaques automobiles de leurs clients.

Ces citoyens ont aussi créé une page Facebook : Prostitution en plein jour (Hochelaga-Maisonneuve). Sur cette page, Roxanne Ringuet et Nathalie Goyette invitent les familles dérangées par la prostitution de rue à se présenter au prochain conseil d’arrondissement. Celui-ci se tiendra le 19 janvier à 19h à la Maison de la Culture Maisonneuve situé au 4200 Ontario Est. Sur la page Facebook des citoyens, on y trouve aussi des photos de personnes toxicomanes et de prostituées.
Des organismes communautaires travaillant pour soutenir les personnes toxicomanes ont mal réagi aux moyens employés par les citoyens pour dénoncer les irritants de la prostitution et de la toxicomanie.

Souvenons-nous que le maire de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, M. Réal Ménard, a participé à plusieurs consultations concernant la prostitution et qu’il était porteur de dossier dans le projet d’un dépôt de loi pour légaliser les bordels. La prostitution est un dossier qu’il connaît bien.

Des sympathisantes du groupe Stella, un organisme communautaire prônant la légalisation complète de la prostitution, ont mentionné vouloir être présentes pour revendiquer leurs droits. Par légalisation complète, on parle ici autant de la personne qui se prostitue, les proxénètes et les clients de la prostitution.

Si tout ce monde se rencontre pour le prochain conseil d’arrondissement, nous pourrions dire comme Marie-France Bazzo; il va y avoir du sport!

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Martin Dufresne

Commentaire mis en ligne le 23 janvier 2010
À cette réunion, le maire Ménard a argumenté que le véritable problème de la prostitution dans H-M était celui de la drogue. Il a brandi une carte indiquant les 12 pîqueries connues du quartier et une autre carte montrant les lieux où il y avait eu des arrestations liées à la prostitution. Ces zones coïncidaient.

Commentaire d’une amie :
« Je ne cesse jamais de m’étonner de voir à quel point les gens – particulièrement les hommes – arrivent à dissocier leurs émotions de leurs connaissances.

Cette déclaration du maire Ménard démontre que les politiciens savent parfaitement le lien entre la toxicomanie et la prostitution.

Donc, en ouvrant la porte à l’installation de salons de massage (bordels) dans le quartier (rue Des Ormeaux), ces politiciens endossent la notion et leur conviction qu’il est correct pour une entreprise d’exploiter la maladie d’une personne – car la toxicomanie en est une –, maladie qui incite cette personne à devoir se vendre, au risque peut-être de sa vie.

En endossant de telles entreprises, ils endossent l’exploitation continue des personnes qui le feront. Ils reconnaissent également vouloir que continuent la vente de drogue et les piqueries, parce que s’il fallait s’en prendre à tout ce problème de destruction, ils perdraient leur emploi en même temps que les vendeurs de drogue.

Quant aux prostitueurs, ils cesseraient de venir dans votre quartier, parce que les femmes auraient obtenu des traitements pour leur maladie.

Même si les femmes prostituées dans vos rues ne seront pas employées par ces bordels, les tenanciers de bordels vont profiter du maintien de ces femmes dans la rue pour attirer les prostitueurs dans le quartier.

Au-delà de cela, il y a la conviction des prostitueurs – et de bien des hommes – que leur pénis est plus important que la toxicomanie d’une personne et sa sécurité personnelle. Ils savent évidemment pourquoi les femmes font le trottoir, mais ils s’en foutent.

Cela me rend malade de voir que tant d’hommes refusent de remettre en question leurs « désirs » en les comparant à ce que ces « désirs » font subir à une autre personne. C’est bien ce que l’on a pu lire dans les résultats de l’enquête internationale menée auprès des prostitueurs.

Bonne chance!

Rita»

Martin Dufresne

Commentaire mis en ligne le 23 janvier 2010
Une rencontre du Conseil de ville des arrondissements Mercier/Hochelaga-Maisonneuve, mardi soir le 19 janvier, qui devait permettre l'expression libre des revendications des citoyennes et des citoyens au sujet de la pratique de la prostitution dans ce quartier déjà défavorisé, a amèrement déçu la plupart des personnes présentes à la Maison de la Culture Maisonneuve.
Il y a d'abord eu, - une demi-heure avant l'heure du début annoncé de la rencontre! - une rapide "assemblée publique de consultation" sur un changement au règlement de zonage pour autoriser sur la rue Des Ormeaux, près d'Hochelaga, l'introduction dans les commerces de services de "soins personnels" (massothérapie et bains) d'un type jusque là interdit sur la rue Sainte-Catherine, où affluent présentement la plupart des prostitueurs.
De nouveaux bordels légaux en perspective, pour réduire la "nuisance" de la prostitution de rue? Ça ressemble pas mal à ça!
Puis, devant une salle où était arrivé plein de monde, les élus ont reporté à la toute fin d'un ordre du jour chargé une "période de questions des citoyens" pour laquelle il fallait s'être inscrit avant 18 h (heure où les portes de la MDC Maisonneuve étaient encore verrouillées!...).
M. le maire Ménard a choisi de n'autoriser que 7 questions, auxquelles il n'a d'ailleurs peu ou pas répondu, pour finalement présenter son soi-disant "plan d'action".
Ce plan a réussi à faire contre lui l'unanimité des gens opposés, pour certains, à la répression policière des femmes en prostitution et partisan-es, pour d'autres, d'une véritable dissuasion des prostitueurs et d'un soutien substantif aux femmes et aux jeunes qui sont prostitués par des hommes venus en majorité de l'extérieur du quartier.
Ménard avait, dès le début de la rencontre, annoncé la formation d'une "Table sur la sécurité publique" - composée très majoritairement d'hommes et dont il a nommément exclus les organismes STELLA et CLES, comme "n'étant pas des organismes du quartier".
Raymond Viger du Café Graffiti et Louise Gagné de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES) lui ont signalé que cette nouvelle instance ne pourrait sans doute faire mieux qu'un travail de réflexion/concertation identique, mené il y a six ans dans le quartier. Cette démarche avait débouché sur le "Rapport Burtin", aujourd'hui utilisé dans la formation de la police, mais dont les recommandations sont restées lettre morte, notamment au chapitre des besoins criants des femmes prostituées, qu'il ne sert à rien de réprimer.

Priorité aux femmes...
M. Ménard nous a assuré de l'efficacité de la dissuasion exercée auprès des prostitueurs: "On les connaît." Ah bon!... Pourquoi ne pas les contrer alors?
Par contre, il a annoncé que des cadets policiers réprimeraient plus intensivement la présence de prostituées sur un court tronçon de la rue Ste-Catherine cet été, sans doute en réponse aux pressions des commerçants locaux. Enverra-t-on ces femmes se faire exploiter plus discrètement sur la rue Des Ormeaux ou dans les autres bordels amplement tolérés dans le quartier? Les besoins sexuels de la population masculine de tout le Grand Montréal qui vient se servir dans le quartier pèsent-ils si lourd dans les choix du conseil de ville?
Madame Louise Harel, dont on espérait mieux en termes de défense des droits des femmes, a été étonnamment discrète, malgré sa présence à la table comme conseillère de Longue-Pointe.
L'assemblée s'est terminée dans les exclamations des gens empêchés de s'exprimer et déjà ulcérés d'un plan d'action contraire à leurs différentes revendications et apparemment irréaliste, si l'on pense à une promesse comme un "centre de répit" pour les prostituées, que M. le Maire se contente de réclamer au CLSC local.

Le débat se poursuivra sans doute sur le site Facebook "Prostitution en plein jour (Hochelaga-Maisonneuve)". Et les privilèges masculins resteront intouchés.

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